La garde d'enfants et la pension alimentaire sont les volets les plus sensibles d'un divorce ou d'une séparation. À Maurice, la matière relève principalement du Divorce Act, du Child Protection Act et du Protection from Domestic Violence Act. La Supreme Court statue en tenant compte d'un principe cardinal : l'intérêt supérieur de l'enfant.
Le cabinet intervient aussi bien pour le parent qui demande la garde que pour celui qui la conteste, ainsi que dans les déplacements internationaux d'enfants (Convention de La Haye).
Autorité parentale, garde, hébergement
La loi mauricienne distingue trois notions qu'il ne faut pas confondre :
- L'autorité parentale (parental authority) — l'ensemble des droits et devoirs relatifs à l'éducation, la santé, la scolarité. Partagée entre parents en principe, même après divorce.
- La garde (custody) — la charge effective de l'enfant, confiée à l'un des parents ou partagée.
- Le droit de visite et d'hébergement — accordé au parent non-gardien, avec fréquence et modalités encadrées.
La garde alternée existe à Maurice mais reste minoritaire. Le juge apprécie la faisabilité pratique (distance domicile-école, disponibilité parentale, fratrie).
Calcul de la pension alimentaire
La pension alimentaire pour enfant (child maintenance) est fixée en considération :
- Des ressources du débiteur (salaire net, revenus fonciers, dividendes).
- Des besoins de l'enfant (scolarité, santé, activités, transport).
- Du niveau de vie antérieur pendant la vie commune.
Le juge peut assortir le jugement d'une indexation sur le coût de la vie, et prévoir des cas de révision automatique. En cas d'impayé, le parent créancier peut solliciter une saisie sur salaire auprès de l'employeur, ou engager une procédure de contempt of court.
Déplacements internationaux — Convention de La Haye
Maurice est partie à la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants. Si un parent déplace ou retient un enfant à l'étranger sans l'accord de l'autre parent ou sans autorisation judiciaire, une procédure de retour peut être engagée devant l'autorité centrale mauricienne.
À l'inverse, un parent mauricien qui craint qu'un enfant soit emmené hors du territoire peut demander une opposition à sortie de territoire, ainsi que la retenue du passeport de l'enfant.
Ces dossiers sont souvent en extrême urgence — le cabinet les traite en priorité avec les mécanismes d'ex parte disponibles.
Étapes de la procédure
Premier entretien et analyse
Recueil du contexte, évaluation de l'urgence, orientation vers mesures conservatoires si besoin.
Négociation ou requête
Tentative d'accord parental (médiation), à défaut rédaction d'une requête devant la Supreme Court.
Enquête sociale et audience
Éventuelle enquête par un travailleur social agréé, audience, audition de l'enfant capable de discernement.
Jugement et exécution
Ordonnance fixant garde, visites et pension. Suivi des paiements, saisies si besoin, révisions ultérieures.